Une maquette, qu'elle soit graphique, web, packaging ou produit, est la matérialisation d'un parti pris créatif : choix de couleurs, composition, hiérarchie de l'information, intentions d'usage. C'est souvent ce que vous présentez à un client avant la signature du devis, donc le moment précis où votre travail est le plus exposé à être repris sans contrepartie. Certifier une maquette consiste à lui apposer un horodatage électronique qui fige son contenu et sa date. Si un prospect décline votre proposition puis réutilise vos pistes avec un autre prestataire, vous tenez une preuve d'antériorité de création datée que la création venait de vous, et avant lui. Cette page explique pourquoi le maquettage est un actif fragile à protéger et comment le sécuriser en quelques minutes.
Pourquoi certifier une maquette ?
Le travail de maquettage se vole facilement : un PDF de présentation, des écrans Figma exportés, un mockup de packaging suffisent à inspirer un concurrent ou un client peu scrupuleux. Un designer qui répond à un appel d'offres, un studio qui pitche une refonte de site, livrent leurs idées sans toujours de garantie de paiement. L'horodatage crée une date certaine opposable et atteste de l'intégrité de la maquette à cet instant, constituant ainsi une véritable protection de création en ligne.
C'est aussi une alternative rapide et peu coûteuse au dépôt Soleau de l'INPI pour prouver l'antériorité d'une création visuelle, particulièrement adaptée quand on produit beaucoup de propositions et qu'on veut sécuriser chacune avant de l'envoyer. Là où un dépôt physique impose des délais et un envoi postal, l'horodatage se fait en ligne, à l'instant où la maquette est finalisée, et peut être renouvelé sur chaque nouvelle piste. Pour un studio qui enchaîne les présentations, cette systématisation transforme une simple bonne pratique en réflexe de protection.
Comment certifier votre maquette avec Certifiles
La certification se fait entièrement en ligne, en quelques minutes, sans que votre visuel ne quitte votre poste :
- Déposez le fichier de la maquette (PDF, PNG, export Figma, planche de présentation) sur Certifiles. Le visuel reste confidentiel : seule son empreinte numérique est transmise, jamais l'image.
- Certifiles calcule l'empreinte SHA-256 unique du fichier, qui change au moindre pixel modifié et garantit l'intégrité de la maquette.
- L'empreinte est soumise à une autorité d'horodatage (TSA) qualifiée, conforme à la norme RFC 3161 et au règlement eIDAS, qui renvoie un jeton scellant cette empreinte à une date et une heure légalement fiables.
- Vous téléchargez votre preuve : un certificat d'horodatage lié à la maquette, vérifiable à tout moment et à archiver avec votre dossier client.
Quelle valeur juridique ?
L'horodatage électronique qualifié de Certifiles s'appuie sur le règlement européen eIDAS et la norme RFC 3161. Les articles 1366 et 1367 du Code civil reconnaissent à l'écrit électronique la même valeur probante qu'au papier dès lors que l'auteur est identifiable et l'intégrité garantie. Une maquette horodatée est ainsi recevable comme preuve devant un tribunal pour démontrer que vous déteniez cette création à une date donnée.
Une précision importante : l'horodatage prouve l'antériorité de votre fichier, mais ne crée pas à lui seul un droit de propriété intellectuelle. Une maquette originale est protégée par le droit d'auteur dès sa conception ; un signe distinctif (nom, logo, slogan) relève, lui, du droit des marques et suppose un dépôt à l'INPI. Le jeton sert à dater votre antériorité, pas à se substituer à un acte notarié ou à un dépôt de marque. C'est néanmoins une preuve neutre, émise par un tiers de confiance, infiniment moins coûteuse qu'un constat d'huissier, et qui désamorce la plupart des litiges de réutilisation avant même qu'ils n'atteignent le contentieux.
Erreurs fréquentes à éviter
- Envoyer la maquette en présentation avant de l'avoir horodatée, alors que c'est l'étape la plus risquée.
- Se reposer sur la date d'envoi d'un e-mail comme preuve : elle est contestable et ne garantit pas l'intégrité du fichier joint.
- N'horodater qu'une seule piste alors que vous en présentez plusieurs : chaque proposition originale mérite sa preuve.
- Penser que l'horodatage protège la maquette : il en date l'antériorité, mais c'est le droit d'auteur qui en assure la protection.
Sécuriser chaque piste avant de pitcher
Le moment le plus délicat pour un créatif est la phase de pitch : vous dévoilez plusieurs directions à un prospect qui n'a encore rien signé. C'est précisément là qu'il faut être armé. Horodater l'ensemble de vos planches, écrans et variantes avant l'envoi crée un faisceau de preuves daté qui couvre toutes vos propositions, pas seulement celle que le client retiendra. Cette logique s'étend naturellement aux livrables voisins : pour les identités visuelles, consultez notre guide pour certifier un design, et pour un emblème de marque, celui pour certifier un logo. Beaucoup de designers se demandent s'ils doivent passer par un dépôt Soleau : notre comparatif horodatage et dépôt Soleau éclaire ce choix selon votre besoin de protection. Conservez enfin systématiquement le fichier original intact avec son certificat : la preuve atteste l'empreinte d'un fichier précis, et sans le fichier d'origine, la correspondance avec le jeton ne pourrait plus être démontrée. Dans la pratique d'agence, le plus efficace est d'horodater au moment où l'on exporte le fichier de présentation, juste avant de l'envoyer au client : l'opération s'insère dans le geste habituel, sans alourdir le processus, et garantit que la date du certificat est toujours antérieure à la diffusion. Un studio qui adopte ce réflexe constitue, projet après projet, une archive datée de toute sa production créative — un actif précieux non seulement en cas de litige, mais aussi pour démontrer son antériorité face à un appel d'offres concurrent ou lors d'une cession de droits.