Une capture d'écran sert à conserver la trace d'un contenu en ligne : un message sur les réseaux sociaux, une annonce, un avis diffamatoire, une page web, une publication qui risque d'être supprimée. Mais une image seule est aussi le type de preuve le plus facile à contester : on peut prétendre qu'elle a été retouchée, montée de toutes pièces, ou que sa date est inconnue. Certifier une capture d'écran consiste à figer son contenu et sa date au moyen d'un horodatage électronique. Vous obtenez ainsi une preuve datée et infalsifiable de ce qui était affiché à un instant précis, particulièrement utile quand le contenu d'origine peut disparaître côté plateforme et que vous devez démontrer ce qu'il contenait.
Pourquoi certifier une capture d'écran ?
Sur internet, un contenu peut être effacé en un clic : un commentaire injurieux, une publication mensongère, une offre commerciale, une page qui change. Si vous attendez, la preuve s'évapore — et avec elle votre capacité à établir les faits. La capture d'écran fige l'écran tel qu'il était, mais sa faiblesse reste sa date et son authenticité : sans tiers de confiance, rien n'empêche un contradicteur de prétendre qu'elle a été fabriquée ou antidatée.
L'horodatage règle ce point : il établit une date certaine et garantit, via une empreinte numérique, que l'image n'a pas été modifiée après coup. C'est souvent décisif dans les affaires de dénigrement, de harcèlement en ligne, de contrefaçon ou de litige avec une plateforme, où le contenu litigieux risque d'être retiré avant l'audience. Une capture brute reste une simple image ; une capture horodatée devient une preuve numérique dont la date et l'intégrité sont garanties par une autorité indépendante.
Comment certifier votre capture d'écran avec Certifiles
La certification est entièrement en ligne et ne dévoile jamais le contenu de votre image : seule son empreinte est traitée. Voici les étapes :
- Réalisez votre capture en affichant un maximum de contexte (URL, date système, identifiant du compte, fil complet), enregistrez-la au format image ou PDF, puis déposez le fichier sur Certifiles.
- Certifiles calcule l'empreinte SHA-256 du fichier. Seule cette empreinte, unique pour ce contenu exact, est envoyée à l'autorité d'horodatage.
- L'empreinte est soumise à une autorité d'horodatage (TSA) qualifiée conforme à la norme RFC 3161, qui la scelle à une date et une heure légalement fiables.
- Vous téléchargez votre preuve : un certificat d'horodatage associé à la capture, vérifiable à tout moment et conservable avec votre dossier.
Quelle valeur juridique ?
L'horodatage qualifié de Certifiles repose sur le règlement européen eIDAS et la norme RFC 3161. Les articles 1366 et 1367 du Code civil reconnaissent à l'écrit électronique la même force probante que le papier dès lors que son intégrité est garantie et son auteur identifiable. La preuve se faisant par tous moyens, une capture d'écran horodatée est recevable devant un juge.
Elle ne remplace pas un constat de commissaire de justice, qui suit une démarche officielle plus poussée (vidage du cache, mention de l'adresse IP, méthodologie normée), mais elle constitue une preuve datée et infalsifiable, bien plus crédible qu'une image seule dont on peut toujours contester l'origine et la date. Point essentiel à comprendre : l'horodatage prouve que cet écran existait à cette date, pas que les propos qu'il contient sont exacts. Il garantit l'intégrité de l'image, non la véracité de ce qu'elle montre — cette dernière s'apprécie avec le reste du dossier.
Erreurs fréquentes à éviter
- Capturer trop tard, après que le contenu a été supprimé en ligne : agissez dès que vous constatez le contenu litigieux.
- Rogner ou flouter la capture au point d'en retirer l'URL, la date ou l'auteur : ces éléments de contexte donnent toute sa force à la preuve.
- Retoucher l'image, même légèrement : toute modification ruine sa crédibilité. Conservez la capture brute, sans annotation ni montage.
- Croire que l'horodatage garantit la véracité du contenu affiché : il prouve que cet écran existait à cette date, pas que les propos qu'il contient sont exacts.
- Certifier un seul écran alors que la preuve tient au fil complet : assemblez les captures successives en un seul PDF avant d'horodater.
Bien capturer pour une preuve recevable
La force d'une capture horodatée tient autant à la méthode de capture qu'à l'horodatage lui-même. Un juge sera d'autant plus convaincu que l'image montre le contexte complet : l'URL de la page dans la barre d'adresse, la date et l'heure du système, l'identité du compte connecté, et l'intégralité du contenu litigieux sans rognage suspect. Pour une publication longue ou un fil de discussion, capturez chaque écran et assemblez le tout dans un seul PDF, conservant l'ordre d'origine, puis horodatez ce document complet. Évitez absolument toute retouche : même un recadrage maladroit peut laisser croire à une manipulation et fragiliser l'ensemble. Une fois le certificat obtenu, conservez-le avec le fichier source : la vérification consiste simplement à recalculer l'empreinte SHA-256 et à la comparer à celle inscrite dans le certificat. Si le contenu en ligne disparaît ensuite, cela ne change rien : votre capture horodatée fige ce qui était affiché à la date de certification, et la preuve demeure valable même si la publication d'origine a été retirée de la plateforme.